Monstre à tuer, roman
EAN13
9782709630283
ISBN
978-2-7096-3028-3
Éditeur
Lattès
Date de publication
Collection
THRILLERS
Nombre de pages
350
Dimensions
21 x 14 x 2 cm
Poids
388 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
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Monstre à tuer

roman

De

Traduit par

Lattès

Thrillers

Offres

Illustration couverture : Sylvain Collet/Bleu T
Maquette de couverture : Bleu T
Illustrations dans le texte de Sam Zanger© 2012 by Josh Bazell
Tous droits réservés.
© 2013, éditions Jean-Claude Lattès pour la traduction française.
Première édition mars 2013.ISBN : 978-2-7096-4493-8Du même auteur :Docteur à tuer, Lattès, 2010.Pour Txell« L'esprit humain ne reçoit pas avec sincérité la lumière des choses, mais il y mêle sa volonté et ses passions ; c'est ainsi qu'il se fait une science à son goût : car la vérité que l'homme reçoit le plus volontiers c'est celle qu'il désire. »Novum Organum,
livre I, aphorisme XLIX, FrancisBacon« Mais je veux en être certain. »Wild Thing, ChipTaylorPROLOGUEPIÈCE ALac White, Minnesota
Deux étés plus tôtAutumn Semmel sent les doigts de Benjy Schneke effleurer le haut de sa cuisse, suivre le revers de son petit short vers son minou. Tout son corps se raidit jusqu'à la pointe de ses tétons et son sexe se referme comme un poing. Elle ouvre les yeux.— Arrête ça !— Pourquoi ?Elle lui fait un signe de tête.— Parce que Megan et Ryan sont à côté.Autumn et Benjy sont étendus face au lac White, sur l'étroite bande de terre, composée presque uniquement de racines, qui sépare les deux lacs. Megan Gotchnik et Ryan Crisel se trouvent sur le lac Garner, juste derrière eux.— Et alors ? insiste le garçon. Je ne touche que ce qui est à découvert.— Je sais ce que tu as en tête. Tu me rends hystérique.La jeune fille se lève, rajuste son short. Et regarde derrière elle.Megan et Ryan sont dans leur canoë, une vingtaine de mètres plus loin. Les jambes de Megan dépassent de part et d'autre de l'embarcation. Ryan est sur elle. L'eau portant les sons, Autumn entend les halètements de Megan comme si le couple s'envoyait en l'air à côté d'elle. Une sorte de vertige la prend. Elle se tourne vers le lac White.C'est comme passer d'une saison à une autre. Le lac Garner est un grand ovale paisible scintillant sous le soleil. Le lac White est niché au fond d'un canyon escarpé qui file au nord, perpendiculaire à la pointe est du lac. L'eau y est noire, froide et agitée.C'est magique. Autumn y pique une tête.Tous ses sens sont instantanément en alerte. Elle ne voit rien, mais elle perçoit les mouvements de sa cage thoracique, de ses cheveux, de tout son corps jusqu'à la pointe des pieds. Elle sent ses bras glisser sur la rondeur de ses seins, sa peau lubrifiée par la crème solaire ou quelque substance dans l'eau. C'est comme si elle nageait dans un bain d'onyx.Après quelques brasses en apnée, elle entend Benjy plonger derrière elle. Elle accélère, craignant qu'il la prenne en chasse et lui attrape le pied. Elle déteste ça. Ça lui fiche une peur bleue. Dès qu'elle reprend sa respiration, elle se retourne.Une brise fraîche court sur son visage. La houle a effacé son sillage. Benjy n'est nulle part en vue.Un frisson de terreur lui vrille l'estomac en songeant qu'il puisse venir vers elle sous l'eau. Par réflexe, elle lâche des coups de pied à l'aveuglette.Cela lui donne une idée. Elle nage vers le rivage. Si elle ne peut voir Benjy, il ne peut la voir non plus. Donc si elle n'est pas où il pense la trouver, il ne pourra l'attraper.Elle craint quand même qu'il ne surgisse à tout moment et continue de battre des jambes.Mais plus le temps passe, plus il semble que Benjy n'essaie pas de lui faire peur. Il ne doit pas être dans le lac avec elle, malgré sa première impression. Cet obsédé est sans doute parti dans les bois longeant le lac Garner pour mater Megan et Ryan.Bien sûr c'est désagréable – cet abandon et cette connerie ; mais il y a autre chose. Même si Autumn aime le lac White, elle ne tient pas du tout à s'y baigner seule. L'endroit ne s'y prête pas. Ce lac n'a rien d'une innocente pataugeoire, c'est un lieu d'adultes.— Benjy ! Benjy !Ses cheveux mouillés sont glacés sur son crâne et sa nuque.Il ne réapparaît toujours pas.— Benjy, ça suffit !Au moment où la jeune fille se met à nager vers la pointe sud du lac, Benjy jaillit à la surface, juste devant elle, découvert jusqu'à la ceinture, lui vomissant au visage un jet de sang noir.Puis il est ramené d'un coup dans les profondeurs.À nouveau, il a disparu. Son sang se glace dans ses veines. C'est aussi terrible que dans ses cauchemars.Sauf que c'est pour de vrai. Ce qu'elle vient de voir est à la fois terrifiant et permanent. Et c'est ce qui risque de lui arriver aussi.Elle fait volte-face et pique un sprint vers la grève au pied de la falaise. Crawl à fond, sans reprise d'air. Nager ou mourir.Quelque chose heurte son estomac et se referme, un étau inconcevable de force et de douleur. Au moment où ça s'arrache, elle est prise de vertige et ne sent plus ses mains.Elle tente de se redresser pour reprendre sa respiration, mais elle doit être retournée car c'est de l'eau qu'elle aspire.Puis la chose l'attrape par-derrière, referme sa cage thoracique comme un livre, chassant toute vie d'elle comme on presse une éponge.Du moins c'est le récit qu'on m'a fait.PREMIÈRE THÉORIE :LE CANULAR1.Mer des Caraïbes, 100 miles marins à l'est du Belize
Jeudi 19 juillet« Ishmaël-Appelez-moi », c'est tout ce que dit le télégramme, mais je ne le saurais que plus tard, car je suis occupé à arracher les dents d'un pauvre gus quand on me glisse la missive sous la porte.Le type en question est un Nhambikwara du Brésil amazonien. La coupe au bol des Beatles et les breloques indiennes habituelles, même s'il porte l'uniforme blanc du service de blanchisserie.Bien sûr, toutes les tenues du personnel sont blanches.Je tapote son autre molaire.— ¿ Seguro ?— Non.— ¿ Verdad ?Comme s'ils parlaient espagnol au Brésil...— Ça va, répond-il.C'est peut-être vrai. Pour ce que je connais de la dentisterie ! (C'est-à-dire après une heure et demie de visionnage sur YouTube.) Une injection de lidocaïne dans le nerf alvéolaire supérieur postérieur pour bloquer la sensibilité à partir de la troisième molaire, efficace sur deux tiers des patients. Pour les autres, une nouvelle piqûre s'impose, dans l'alvéolaire supérieur moyen, au risque de les voir sinon sauter comme des cabris sur leur siège.J'imagine qu'un vrai dentiste ferait les deux injections par sécurité. Mais c'est le genre de raisonnement qui a eu raison des réserves de lidocaïne de l'infirmerie du personnel et presque de tout le stock de celle des passagers où je me suis approvisionné. Donc, maintenant, je tapote avant de piquer. Et la plupart de mes patients sont trop fiers ou simplement trop polis, pour admettre qu'ils ne sont pas totalement insensibilisés.Tant pis pour eux. Gardons la lido pour celui qui aura trop peur pour mentir.Je fais pivoter la molaire le plus vite et le plus doucement possible, mais elle se casse dans ma pince. Je récupère les morceaux juste avant qu'ils ne tombent sur l'uniforme du gars.Cela me fait penser que je devrais donner un nouveau cours sur l'hygiène dentaire dans les réserves. De toute évidence, ma dernière communication n'a rien changé, mais au moins ils ont eu la politesse de ne pas se battre à coups de couteau pendant mon laïus.Je retire mes gants au-dessus de l'évier. Quand je me retourne, je vois des larmes rouler sur les joues du type.Le poste d'incendie 40 est une plateforme de métal coincée entre deux cheminées. C'est, autant que je sache, la partie la plus haute du bateau où l'on peut se tenir debout. Pourquoi a-t-on installé un poste incendie aussi en hauteur demeure un mystère.Le soleil se couche, le vent est véloce comme un sèche-cheveux. À l'horizon, un mur de nuages, large de vingt kilomètres, suit le navire. Un entrelacs de renflements rouges et gris comme des intestins.Je déteste ce putain d'océan. C'est viscéral. Être en mer me fout le sommeil en l'air, me rend irascible et sujet aux flashbacks introspectifs. Mais c'est le lot commun d'un médecin de bord et je mérite cette infortune.Quoique je n'aie pas eu vraiment le choix. Pour ma part, je ne connais pas d'autres secteurs d'activités qui embauchent en masse des toubibs sans se préoccuper si leur diplôme (pour ma part délivré par l'université de Zihuatanejo, sous le nom de « Lionel Azimuth ») est réel ou faux, provenant ou non de formulaires qu'on trouve sur Internet et qu'il s...
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